Comment l’enfant apprend – Conférence de Daniel Favre

Cette conférence de Daniel Favre donnée le 18 avril 2014 à la Canopé de Dijon dans le cadre d’un séminaire sur la réussite éducative pose un regard critique sur les pratiques pédagogiques traditionnelles.

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Neurobiologiste de formation, profession qu’il a exercée pendant 15 ans, docteur en sciences de l’éducation, Daniel Favre est professeur en Sciences de l’éducation à la FDE – ESPE Université Montpellier, où il forme des enseignants depuis 1983. Il dirige une équipe de recherche intitulée « Didactique et Socialisation »

Une conférence passionnante mais difficile à suivre sur cette vidéo si l’on ne connait pas préalablement les travaux de Daniel Favre car on ne voit que très peu l’écran. Pas impossible toutefois. Elle vaut la peine d’être écoutée et réécoutée. 

Quelques bribes parmi les plus utiles à avoir en tête dans la pratique professionnelle :

Décontaminer l’erreur de la faute. Parler d’erreur est un constat. Parler de faute est un jugement.  (J’ajouterai en ce qui concerne l’orthographe et la syntaxe que l’évolution de la langue a transformé considérablement le français ces dernières années et qu’il suffit d’être un peu avancé en âge pour constater la véracité de ce que disait le linguiste Alain Rey, la faute d’aujourd’hui sera la norme demain.)
L’erreur n’est donc pas une faute mais un renseignement qui pointe l’écart entre un attendu et un résultat. 

– Tenir compte du fait que tout changement est anxiogène. Il est donc nécessaire de créer un climat de sécurité pour présenter un nouvel apprentissage.  (C’est ce que fait la méthode Dumont dans son enseignement de l’écriture en maternelle à travers la double différenciation et la transversalité.  en passant par l’univers du jeu et la participation à des activités attractives pour construire toute la base de l’enseignement de l’écriture. )
C’est aussi le rôle des formateurs (Inspecteurs, conseillers pédagogiques, maîtres formateurs, formateurs méthode Dumont) et le rôle des conférences pédagogiques que de créer un climat de sécurité autour de la présentation de pratiques novatrices auprès des professeurs des écoles .

– Comprendre ce qui se cache derrière l’expression “je suis nul.le”. Daniel Favre parle de “programmes étrangers” là ou d’autres parlent de “projets d’échec” pour rendre compte des conditionnements inconscients acquis principalement pendant l’enfance et qui enferment dans une catégorie.  ” Je suis nul.le ! ” Combien de rééducateurs /rééducatrices ont entendu cette expression récurrente. La nécessité de sécuriser l’enfant s’impose. Plus qu’un jugement et plus qu’un constat cette petite phrase qui trotte dans  la tête de l’enfant sonne comme un verdict : “tu es nul.le! “. Du coup l’enfant se trouve exonéré de l’effort d’apprendre “puisqu’il est nul”.  C’est ce mur là qu’il convient de déconstruire si on veut que l’enfant entre vraiment dans l’apprentissage concerné. 

Bien sûr il y aurait tant et tant de choses à dire… Ce sera peut-être pour une autre fois. Nous vous laissons écouter et vous renvoyons à la rubrique “En ligne ou en librairie” pour consulter les publications de Daniel Favre. 

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